La Révolution, nouveauté française Netflix, n’en est pas une.

Une série de 2020 qui suit les codes actuels mais qui tente de respecter ceux de l’époque.

Avec ces 8 épisodes, Netflix continue d’investir en France dans des projets qui, sur le papier, ont tout de fantastiques. Après Marianne, Mortel et Vampires, voici donc sa petite dernière horrifique, La Révolution, uchronie sur fond de révolte populaire française contre une aristocratie au sang bleu contaminé.


Couvre-feu et résonance


On vit une époque formidable, non loin de nous rappeler tristement les jours sombres de notre Histoire. L’aristocratie et les riches toujours plus riches, économie en berne, hôtels-cafés-restaurants en souffrance, couvre-feu et délation, peuple dans la misère. On entendrait presque Brigitte ricaner devant un peuple affamé et lui conseiller de manger de la brioche.

Cette série arrive à point nommé, donc, et fait vibrer en le public français des velléités révolutionnaires. Point trop n’en faut, cependant, il commence à faire froid dehors, cette petite série des familles semble, somme toute, parfaite.

Le pitch, donc, promet du lourd, entre révolution française et virus mortel (euh…), en 1787, pendant que les aristos font la teuf le peuple meurt à petit feu. Gilets jaunes et Covid-19 à la sauce Versaillaise. Et puis les morts de la Haute reviennent à la vie, sortes de zombies – au sang bleu – pensants, puisque dès l’introduction, la série commence avec la citation la plus célèbre de Zombie, de Romero, au calme.

Quand il n’y a plus de place en enfer, les morts reviennent sur Terre.

Zombie, 1978


L’Histoire revisitée ?


Uchronie anachronique assumée, La Révolution a de quoi mettre à mal les historiens et autres férus de cet épisode français. Mais après tout, rien de plus normal, puisque dès les premières minutes une voix off nous dit, sans trembler, qu’il s’agit là du témoignage sur ce qui s’est réellement passé et qu’on ne nous apprend pas dans les livres d’Histoire.

Avec sa version pop de la Révolution Française, Netflix compte bien draguer les bancs américains en signant, avec un sourire narquois, une sorte de version française et historique de The 100.

Révolutionnaires ultra modernes, techniques super récentes, bande originale tonitruante et synthétique, nous voici donc devant un ersatz de blockbuster, superficiel et sans saveur.

Techniquement, la série est belle, joliment produite, l’imagerie se vaut, tout est là pour faire sourire un public qui se dit que, finalement, c’est pas si mal. Et ça se regarde, évidemment, si l’on n’est pas avide de profondeur. Effets spéciaux et gore à gogo, la production ne lésine pas sur ces éléments clefs pour composer des plans uniques, se voulant complexes, pour faire frissonner les téléspectateurs.

La revisite de l’Histoire étant le point principal de la série, ce n’est pas là que le bas blesse. Le problème réside plutôt sur la manière de traiter le sujet qui tourne en rond sur une indifférence générale, frise le ridicule et, dans une volonté de caricaturer l’époque, finit par se caricaturer elle-même.

Mais malgré une mise en scène empathique, quelques erreurs çà et là, les scènes d’action sont plutôt bien réalisées et laissent la part belle au gore comme on l’aime. Joliment exécutée, sans mauvais jeu de mot, lumières, couleurs et cadrage au rendez-vous, finesse et soin apportés au costumes et aux décors, La Révolution est une belle production visuelle qui, dans une société de consommation où le paraître prévaut à l’être, sait comment plaire au public en misant tout sur la forme et, malheureusement, pas grand chose sur le fond.