Stranger Things

Je ne sais pas vraiment par où commencer pour décrire ce que cette série provoque en moi.

Pure produit des années 80, biberonnée aux films pour enfants/ados de l’époque et sevrée avec les films et séries fantastiques et d’horreur des années 90 (Mulder si tu m’entends..), je ne pouvais que frétiller devant Stranger Things, qui oscille entre création originale et hommage aux œuvres de Spielberg, Donner et autres Zemeckis.

C’est donc avec une certaine impatience, mêlée d’appréhension, que je me suis lancée dans l’aventure, 3 ans auparavant. Impossible de ne pas penser à Super 8, jolie entreprise de 2011, rondement menée par J. J. Abrams et révérence assumée aux films de l’époque et à celui qui maîtrisait le genre, le bien nommé Steven Spielberg (qui a d’ailleurs co-produit le film).

Et ce sont des milliers de téléspectateurs qui ont embarqué dans un tourbillon d’hommages aux plus grands noms, de Lovecraft à E.T, en passant par Les Goonies ou encore Ça (rappelons d’ailleurs que Finn Wolfhard, Mike dans la série, joue, avec justesse et un humour indéniable – qui fait de lui, à mon goût, l’un des jeunes acteurs du moment à suivre – le petit Richie dans le remake de 2017).

Une première saison qui répond à nos attentes sans vraiment les transcender.


On nage donc en pleine nostalgie devant une première saison qui nous sert savamment nos chères madeleines de Proust sur un plateau d’argent.

La bande de gamins un peu geek et pas très populaire, qui joue dans le grenier à donjons et dragons. L’univers fantastique et plutôt dark commun à tous les films de Sci-Fi de l’époque. Drame social en toile de fond, petite ville des États-Unis plutôt tranquille et sans prétention. La recette est un peu facile et surtout rentable.

On se laisse transporter dans cette peinture psychologico-sociale dramatique, sur fond d’invasion monstrueuse et univers sombre et parallèle.

Une saison 2 un peu lente.


Après la conclusion plutôt happy-ending , la première saison, au delà de présenter contexte et personnages, a permis de découvrir une série rafraîchissante dans l´univers fantastique des séries de science fiction qui envahissent les écrans ces derniers temps.

Cette nouvelle saison, lente et, de mon avis totalement subjectif, légèrement inintéressante, ne sert qu’à présenter les personnages qui étofferont le scooby-gang et les saisons suivantes.

Je ne vais pas m’appesantir plus : cette saison m’a semblé plate et sans grand intérêt.

Saison 3, la meilleure jusque là.


La saison 1 se déroule après Noël 1983. La saison 2 lors de la fête d’halloween de 1984. La 3, en toute logique, a lieu en été 1985, pendant la fête nationale. Une période très culture pop américaine. Colorée, fun, musicale, énergique… L’insouciance du scooby-gang, devenu adolescent, sur fond de période disco funk électrique, contraste avec l’univers dark latent et qui perdure depuis les débuts.

Une mise en abime de cette période où les américains, au sortir de la guerre du Vietnam, de la guerre froide et des inquiétudes liées à ses périodes de crise, préfèrent se perdre dans la fête et la frivolité plutôt que d’affronter les problèmes de l’époque.

Une présidence de Ronald Reagan, qui fait étrangement écho à un slogan tristement populaire aujourd’hui « make America great again » et l’arrivée progressive d’une période sombre, avec le krach de 87…

Une insouciance donc qui s’apparente à une politique de l’autruche, qui installe une ambiance légère tout en instaurant une autre, plus pesante, en filigrane.

Des personnages grandissent, d’autres, nouveaux, apparaissent, certains s’en vont. Des larmes sont versées, des rires s’autorisent, des références, so 80’s, sont placées.

En attendant la saison 4, je le clame donc haut et fort, la saison 3 de Strangers Things est bel et bien la meilleure. Et elle est tellement bonne qu’elle justifie le visionnage des deux précédentes sans aucun complexe.