Fury – l’art de la guerre

Les films de guerre, une vraie passion assumée. Heureusement pour moi le monde du 7ème art regorge de ces petites merveilles et je peux m’en gaver sans culpabiliser et sans risquer l’indigestion car, la plupart du temps, ils sont plutôt bien faits.

Récit initiatique et chaotique d’un tout jeune soldat, vierge à tous les niveaux, plongé dans l’horreur de la seconde guerre mondiale, Fury ne fait pas exception à la règle. Exceptionnel par sa mise-en-scène et ses acteurs, il mérite le détour.

Avril 1945. Les allemands ne reculent devant rien dans leur ultime tentative de gagner la guerre, allant jusqu’à envoyer au front femmes et enfants. Les alliés mène leur dernière croisade contre l’ennemi et, à bord du tank Sherman, Wardaddy, un Brad Pitt toujours aussi excellent en exterminateur de nazis, et son équipe s’engagent dans une mission très risquée.

Avec son casting musclé le réalisateur d’End Of Watch assure une solidité à son oeuvre. Brad Pitt impitoyable et impeccable, habitué du genre depuis Inglorious Basterds, Shia LeBeouf inébranlable, Jon Bertnal ou encore Jim Parrack, le beau monde crève l’écran du parcours initiatique du héros, joué par Logan Lerman découvert dans les Percy Jackson.

Du sang frais et du sacrifice pour de la victoire


Inspiré d’une histoire vraie, le film retrace le parcours en 24 heures d’un jeune bleu qui, formé initialement à la dactylographie, se retrouve catapulté dans le tank « Fury », sous les ordres d’un lieutenant, Don Collier, qui tente tant bien que mal de résister face à la violence qui l’entoure et qui fait preuve d’une véritable âme de leader. Peu à peu Norman perd sa personnalité et son humanité qui lui est propre pour fusionner avec ses camarades d’infanterie et survivre coûte que coûte.

Il perd son innocence et découvre les rudiment d’une vie qu’on ne souhaiterait pas à son pire ennemi. L’avancée tragique de cet enfant dans un monde où violence et danger règnent en maîtres reste ponctuée d’une certaine poésie, parfois bien caché et qui rend presque belles les atrocités de la guerre .

« Les idéaux sont pacifiques, l’Histoire est violente »


Phrase qui résume très bien la situation. Ces idées qui font de nous des êtres humains et complexes, différents à bien des égards mais liés par des codes qui peuvent se retrouver chambouler à chaque instants, ne sont jamais plus cruelles et plus violentes que lorsqu’une personne cherche à les concrétiser.

Wardaddy (Brad Pitt) and his crew, Norman Ellison(Logan Lerman), Trini Garcia (Michael Peña) and Boyd Swan (Shia LaBeouf) in Columbia Pictures’ FURY.

Se battre pour ses convictions, ce que l’on considère de juste, de bien. Toute l’histoire du film réside autour de cette notion. De cette « cause » des lignes ennemies aux certitudes alliées. Changer qui nous sommes pour s’en sortir à tout prix, n’est-ce pas, finalement, un objectif qui nous concerne tous ?

Avec son histoire bouleversante, ses explosions dignes du blockbuster de 2h15 qu’il est, sa musique tour à tour prenante, discrète et sauvage, sa superbe photographie, Fury rejoint fièrement la lignée de ces films où l’Histoire sait se mêler intelligemment aux témoignage furtif et convaincant.