When Dinosaures ruled the earth…

Réalisé en 1993 par Steven Spielberg, Jurassic Park est l’adaptation du roman éponyme de Michel Crichton.

Riche PDG d’une puissante compagnie, John Hammond, joué par Richard Attenborough, conçoit un parc d’attraction hors du commun. Grâce à un système de clonage perfectionné, des scientifiques parviennent à redonner vie aux dinosaures. Dans le but d’obtenir leur aval pour le parc, M. Hammond invite un groupe d’experts, dont le Dr. Alan Grant, magnifique Sam Neil en paléontologue pédophobique, et le Dr. Ellie Sattler sa copine paléobotaniste, Laura Dern toujours aussi éclatante, à visiter le parc, le temps d’un week-end.

Un sabotage permet aux dinosaures de sortir de leurs enclos et les visiteurs ainsi que les techniciens restés sur l’île tentent alors d’échapper aux instincts voraces de ces prédateurs de quelques 65 Millions d’années.

Bon, faut l’avouer aussi, on aime le film qui part en cacahuètes, les personnages qui tentent de survivre à tout prix, et cette musique qui encore aujourd’hui nous fait frisonner !

Contextualiser un société de consommation


Développer un film mais aussi préparer le public, et essentiellement les plus jeunes, aux dinosaures. Et pour cause, Spielberg produit en 1988 le dessin animé Petit Pied et la Vallée des Merveilles

Dans une démarche commerciale originale et un développement marketing so 90’s, de nombreux produits dérivés sortiront à l’issue du film, pour le plus grand bonheur des enfants et l’angoisse du porte-feuille des parents. Placement produit oblige, le merchandising du park constitue évidemment l’essentiel des objets marketing du film. #SociétéDeConsommation
Loin de moi l’idée de critiquer car, après tout, ça faisait partie d’une époque, à sa sortie en 1994, avec mes huit années au compteur, je faisais, bien-sûr, partie des enfants capricieux qui réclamaient leur dilophosaure en peluche.

Le film connaît un tel succès que deux suites sortent quelques temps après, Le Monde Perdu en 1997 et Jurassic Park III en 2001. Des petis nouveaux ont depuis fait leur apparition, Jurassic Park World, en 2015, et Jurassic Park World : Fallen Kingdom, en 2018.

Les années 90 ont été marquées, en France, par la récession mondiale initiée par le Krash de Wall Street d’octobre 1987. Effondrement de la bourse sans précédent, plus important encore que le légendaire de 1929, mais mieux géré ceci-dit, la France entre en 1993 dans un période difficile. Guerre du Golfe, chute du PIB, consommation à la baisse et grande grève de 1995.

La récession aux États-Unis dure presque 4 ans, entre octobre 1987 et mars 1991. S’ensuit outre-atlantique une période de boom économique d’une dizaine d’année. Synonymes de croissance économique solide dans l’inconscient collectif, les années 90 sont, aux États-Unis, une période plus que prospère, démocrate (coucou Bill), au taux de chômage très bas, en dessous des 7%.

Les États-Unis sortent donc de la crise presque au moment où la France y entre, début 1991, et la société morose est dirigée par ce désir, ce besoin, de se révéler par la consommation. Un sentiment hérité de la sortie de la Seconde Guerre Mondiale, exacerbé dans les années 60, hello les trente glorieuses, car malgré une période de crise on ne peut, à l’époque, ignorer cette idée vague que consommer c’est penser exister. En réalité je ne sais pas pourquoi je suis partie en live sur l’économie mondiale desannées 90 sinon pour dire que Jurassic Park est sorti à une époque où le contexte lui était, finalement, favorable.

Succès mondial de 26 ans


Et le film a électrisé, enthousiasmé et secoué l’imaginaire planétaire. Trois oscars, un succès mondial et 26 années plus tard, il fait encore partie des classiques qui ont sevré bon nombre d’enfants émerveillés par ces créatures obsolètes et fascinantes. Je me souviens encore de cette passion pour les dinosaures qui m’est venue après la vue du film, des expositions florissant à la Cité des Enfants, de la collection de dino en plastique chez Shell et de mes prérogatives pour que mon père fasse le plein là-bas et surtout pas ailleurs. Je m’égare à peine, pour partager la folie Jurassic Park qui a déferlé sur le monde.

26 ans plus tard, le film est disponible sur Netflix, à l’instar de ses nombreuses suites, et me donne l’occasion de donner un avis plus mesuré que celui que je criais sur les toits de haut de mes 8 petites années.

Clairement, l’aspect merveilleux du prisme enfantin mis de côté, le film laisse un peu sur sa faim. Les effets-spéciaux spectaculaires semblent être là pour justifier de l’absence de profondeur des personnages et l’acharnement et la dénonciation d’un argent et des avocats qui « dominent le monde » peuvent devenir presque indigestes. Considéré à l’époque comme ennemi du cinéma français, pure produit Hollywoodien, remake insipide des Dents de la Mer, Jurassic Park porte le fardeau d’être considéré comme un blockbuster de divertissement à l’intelligence banale et inexistante.

Oui, mais…


Thèse, antithèse, synthèse, une base pour les littéraires, une base aussi pour poser ses réflexions. La thèse : le succès planétaire. L’antithèse : une intelligentsia laissée pour compte qui hurlerait presque au scandale. Synthèse : Et si on allait au delà ?

En fait, même si c’est un peu capillotracté et très en dehors du cadre, on pourrait presque y voir une dénonciation empirique de cette fameuse société de consommation. Si on lit entre les lignes, cette grosse machine marketing, cet amusement park so US au merchandising outrancier n’est-il pas, justement, fait pour accuser, sans subtilité ok, les grands magnats de la finance qui exploitent éhontément la population ? C’est une théorie, en tout cas, avancée par certains.

Autre idée autour de laquelle certains ont disserté, le film serait une parabole de la Shoah. Des analystes ont mis en évidence dans leur réflexion l’aspect concentrationnaire du park, l’impossibilité des protagonistes de s’échapper, leur obligation de se battre pour survivre face à une menace qu’ils sont incapables d’éradiquer.

Vous n’avez jamais eu le contrôle…


Dépenser, consommer, ok, mais un des fondements du film réside dans le fait de tenter de toucher du doigt la Création, de se prendre pour Dieu. L’éternel besoin de l’Homme de se sentir exister et de laisser sa trace dans l’Histoire. Dépasser sa condition de grain de sable dans l’océan de la vie. Encore une fois je pars en élucubrations métaphysique mais qui dit condition humaine dit réflexion ouverte et sans fin.

Jurassic Park n’a alors pas uniquement relancé la mode des dinosaures, Ross si tu nous entend, il a questionné et retourné les principes même de l’humanité en mettant en évidence son complexe à tendance déiste et, bonjour la contradiction, nihiliste auxquels les solutions qu’elle pense trouver ne se fait jamais sans violence et radicalité.