The Haunting of Hill House, une histoire de fantôme mais surtout de deuil.

Mike Flanagan, abonné aux films et séries horrifiques, offre avec sa série The Haunting of Hill House une revisite de la maison hantée et dresse le portrait d’une famille traumatisée par la mort de la mère. Flippant, triste et bouleversant.

La série d’horreur, une genre prolifique qui n’a pas fini d’inonder nos écrans depuis The Walking Dead ou American Horror Story. Netflix n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle a lancé Hemlock Grove en 2013 et se frotte les mains avec son carton planétaire Stranger Things. C’est en octobre 2018 que la plateforme de streaming met en ligne la saison 1 de The Hauting.

Que Netflix ait pu livrer une série horrifique aussi belle et poétique que The Haunting of Hill House relève encore du miracle. Plutôt abonnée aux machines à fric sans subtilité, la plateforme ne fait généralement pas de concessions et produit régulièrement des navets à la promotion ingénieuse.

Il est évident que la série subira certaines critiques de personnes non convaincues qui la trouveront trop lente, trop spirituelle, trop romanesque, pas assez terrible et effrayante. Parce que finalement la série traite avec finesse les thèmes du deuil et du traumatisme. Quelques scènes d’horreur sont disséminées çà et là mais Mike Flanagan n’est clairement pas fan du gore et du clinquant. Très peu pour lui les effets spéciaux à la pelle. Il préférera une angoisse palpable, subtile et intelligente. La mort qui rode sans jamais s’imposer au spectateur et qui sait trouver sa place dans l’immensité absolue d’un manoir hanté.

La maison hantée, manoir immense, sombre et humide, décor classique de film d’horreur, tient ici un genre à part entière, codifié et normé, avec parquets qui grincent, portes qui claquent et tout le nécessaire pour faire passer un sale quart d’heure merveilleusement déplaisant aux amateurs de jump scares.

Les héros de la série, cinq frères et sœurs de la famille Crain qui ont grandi dans le vaste manoir, l’ont quitté précipitamment la nuit de la mort de leur mère. Des années après, ils sont toujours très perturbés et hantés par ce souvenir amer.

La structure narrative fragmentée de la série a cette intelligence du paradoxe et dévoile peu à peu toute la complexité de l’histoire. La série prend alors un contre-courant de la tendance actuelle, en laissant de côté tous sursauts téléphonés, pour décrire la folie, le traumatisme, tous ces syndromes psychologiques qui découlent d’un choc émotionnel intense. Une narration éclatée qui permet une réflexion sur la réalité et le fantasme, les souvenirs fantomatiques et la hantise du passé. Les cinq enfants, trente ans plus tard, ne sont plus des enfants mais portent en eux les stigmates de cette expérience dans le manoir et de la mort de leur mère.

La saison 2, The Haunting of Bly Manor, attendue de pieds fermes par les fanas de la première saison, débarque sur la plateforme le 9 octobre, soit dans trois jours. Cette saison nous promet une romance à la sauce gothique qui, à la vue du trailer, nous fait un peu penser à un Tour d’écrou d’Henry James. J’avoue, j’ai hâte…